Le rosier roi des jardins

Rose (fleur)

Des rosiers à tiges, des rosiers nains, des rosiers buissons ( antiques), des rosiers grimpants, comme ceux de mon enfance a Laghouat la ville aux mille jardins; ils sont partout dans le mien dans tous les coins et recoins, de toutes les couleurs, toutes les senteurs. . .

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Rose
‘Papa Meilland’
‘Papa Meilland’
Classification classique
Règne Plantae
Sous-règne Tracheobionta
Division Magnoliophyta
Classe Magnoliopsida
Sous-classe Rosidae
Ordre Rosales
Famille Rosaceae
Genre Rosa
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Rosa alba ‘semi-plena’
Rosa alba ‘semi-plena’
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La rose est la fleur des rosiers, arbustes du genre Rosa et de la famille des Rosaceae. La rose des jardins se caractérise avant tout par la multiplication de ses pétales imbriqués qui lui donnent sa forme caractéristique.

Appréciée pour sa beauté, célébrée depuis l'Antiquité par de nombreux poètes et écrivains, pour ses couleurs qui vont du blanc pur au pourpre foncé en passant par le jaune franc et toutes les nuances intermédiaires, et pour son parfum, elle est devenue la « reine des fleurs », présente dans presque tous les jardins et presque tous les bouquets. C'est sans doute la fleur la plus cultivée au monde, mais on oublie souvent que les rosiers sont aussi des plantes sauvages (le plus connu en Europe est l'églantier) aux fleurs simples à cinq pétales, qui sont devenus à la mode, pour leur aspect plus naturel, depuis quelques décennies sous le nom de « roses botaniques ».

Les rosiers cultivés sont le résultat de plusieurs siècles de transformations d'abord empiriques, puis, dès la fin du XVIIIe siècle, méthodiques, en particulier par l'hybridation. Les variétés sont innombrables, on estime à plus de 3000 le nombre de cultivars disponibles actuellement dans le monde.

Étymologie

Le mot « rose », daté en français du début du XIIe siècle est dérivé du latin rosa, rosae (substantif féminin) qui désignait aussi bien la fleur que le rosier lui-même. Ce terme, apparenté au grec rhodon, aurait été emprunté à une langue orientale. Il est tentant de rapprocher « rose» de « rosée », pourtant cette rencontre, source d'inspiration inépuisable pour les poètes, est fortuite en français. En effet « rosée » dérive, par l'intermédiaire du bas-latin rosata, du latin ros, roris (substantif masculin), peut-être apparenté au grec drosos, venant d'une autre racine indo-européenne.

 

Botanique et classification

 

Espèces

La description botanique, la génétique, l'origine, la distribution et la classification des espèces botaniques sont traités dans l'article rosier

Les espèces botaniques de rosiers, qui appartiennent au genre Rosa, sont au nombre de 100 à 200 selon les divers auteurs et se répartissent en quatre sous-genres : Plathyrhodon, Hesperhodos, Hulthemia (parfois considéré comme un genre distinct) et Eurosa. Ce dernier est lui-même subdivisé en onze sections : Pimpinellifoliae (rosiers pimprenelle), Gallicanae (rosiers galliques), Caninae, Carolinae, Gymnocarpae, Cinnamomeae (rosiers cannelle), Chinenses, Banksianae, Laevigatae, Bracteatae et Synstylae.

Seules une douzaine d'espèces, et leurs taxons dérivés (variétés, formes), ont été utilisées pour créer la plupart des rosiers cultivés, généralement à fleurs dites « doubles » ou « pleines », aux très nombreux pétales. De plus en plus de formes naturelles sont cultivées dans les jardins, ce sont les « roses botaniques », dont la forme simple, semblable à l'églantine, et la rusticité s'accorde bien avec la tendance vers un jardin plus « sauvage ». Les rosiéristes modernes cherchent à exploiter la diversité du genre Rosa pour introduire dans leurs obtentions des gènes particuliers, par exemple de résistance au froid ou à certaines maladies.

Classes de roses

Les spécialistes distinguent généralement les « roses anciennes » des « roses modernes ».

Les premières sont généralement les variétés datant d'avant 1867, dont beaucoup ont été perdues. Parmi celles qui sont encore cultivées figurent :

  • des « roses galliques » (Rosa gallica), surtout ‘Officinalis’ et ‘Cardinal de Richelieu’,
  • des « roses à cent feuilles » (Rosa centifolia), surtout « pompon rose » (‘Pompon de Meaux’) et « pompon rouge » (‘Pompon de Bourgogne’),
  • des rosiers mousseux qui sont des mutations stériles de centifolia (ou de rosiers de Damas) comme ‘Salet’ ou ‘Mousseline’,
  • les « rosiers de Damas » (Rosa damascena), hybrides naturels apparus en Asie Mineure, de Rosa gallica × Rosa phœnicia, avec la ‘Rose de Puteaux’ cultivée pour ses pétales séchés et la ‘Rose de Recht’, très répandue en Angleterre;
  • quelques « rosiers de Portland », comme ‘Jacques Cartier’,
  • les « Noisettes », ou « thé noisette », surtout ‘Gloire de Dijon’, ‘Rêve d'or’ et ‘Madame Alfred Carrière’
  • quelques « Bourbon » : ‘Louise Odier’ et surtout ‘Souvenir de la Malmaison’,
  • les « rosiers blancs » : Rosa ×alba, la rose d'York, Rosa alba semiplena, ‘Cuisse de nymphe émue’ et ‘Pompon blanc parfait’.

En 1867, la création de ‘La France’, la première hybride de thé (dérivée des roses importées de Chine avec les cargaisons de thé) marque le début des « roses modernes » que sont les rosiers « à grandes fleurs », les « floribunda » et les « rosiers anglais ».

 

Histoire de la culture de la rose

Bourbon et Chinensis
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Rosa  ‘Zéphirine Drouhin’, « rosier Bourbon »
Rosa ‘Zéphirine Drouhin’, « rosier Bourbon »

 

Antiquité

Les roses sont cultivées en Chine et en Perse depuis 5000 ans et en Grèce depuis l'âge du bronze.

Hérodote a rapporté que le roi Midas, au VIe siècle av. J.-C., quand il a été chassé de Lydie par les armées perses, a emporté ses roses dans son exil en Macédoine. Et le naturaliste grec, Théophraste, décrit une rose à nombreux pétales, une forme de rosa canina, cultivée dans les jardins. Il décrit des roses rouges, roses et blanches, et note l'intensité du parfum de la rose de Cyrène.

Pline l'Ancien dans son Histoire naturelle décrit 20 sortes de rosiers nommés par le nom de leur lieu de provenance. Il les décrit, ce qui permet des suggestions d'identification

  • la rose de Præneste semble être Rosa gallica versicolor,
  • la rose de Campanie est une forme de Rosa ×alba semiplena,
  • la rose de Tachys est une forme de rosa damascena,
  • la rose de Milet rouge à une dizaine de pétales est une variété de Rosa gallica,
  • la rose de Pangée est une autre Rosa gallica,
  • la rose d'Alabande est une Rosa ×alba,
  • la rose d'automne ressemble à Rosa sempervirens,
  • Spinolea est Rosa pimpinellifolia "Myriacantha".
  • Rosa gallica officinalis est alors la source de l'essence de rose que les Romains utilisaient en grande quantité ainsi que les pétales. Ils confectionnaient des couronnes et des guirlandes de pétales, ils en jonchaient le sol, en remplissaient des coussins. Lors des banquets, si une rose était suspendue, hommage à Harpocrate, dieu du silence, les invités devaient garder secrètes les paroles échangées « sous la rose ». Ils en utilisaient de telles quantité que la culture de la rose devint localement une activité économiquement importante et que Rome importait aussi par bateau des roses d'Égypte (dont c'était la plus importante exportation vers Rome), de Carthage et de Cyrénaïque (l'actuelle Libye).

Ainsi du VIe siècle av. J.-C. au IIe siècle durant toute cette période de domination grecque puis latine, les roses ont circulé de Perse en Angleterre, de Grèce en Égypte.

Sur le Moyen Âge, il y a peu d'informations : au VIe siècle, les couvents cultivaient des roses, le roi Childebert Ier avait une roseraie (des roses de Paradis d'après l'évêque Fortunat) dans son domaine vers Saint-Germain-des-Prés, et au VIIIe siècle dans son Capitulaire De Villis, Charlemagne cite les roses parmi les plantes à cultiver. Au XIIe siècle à la veille des croisades, Albert le Grand note comme rosiers cultivés Rosa rubiginosa, Rosa canina, Rosa arvensis et Rosa ×alba

 

Les nouveaux rosiers

Nouveaux rosiers
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‘Maiden's Blush’ (Rosa alba)
‘Maiden's Blush’ (Rosa alba)

Thibaud IV, comte de Champagne et roi de Navarre revient en 1240 d'une croisade qui ne lui a pas permis d'atteindre les Lieux Saints, mais il rapporte Rosa gallica officinalis qu'il fait cultiver à Provins, d'où son nom de « rose de Provins ».

Puis ce sont les rosiers de Damas qui sont rapportées des croisades. Ils sont de deux sortes, les précoces, hybrides de Rosa gallica x Rosa phœnicia et les tardifs, hybrides de Rosa gallica x Rosa moschata

À la fin du XVIe siècle, d'une part Rosa fœtida vient de Perse en Europe, et d'autre part les rosiers d'Europe arrivent en Amérique du Nord où existent Rosa virginania, Rosa carolina et Rosa setigera. Jusque-là les mutations et les hybridations sont spontanées. Ainsi, au XVIIe siècle, une mutation de Rosa gallica fait apparaitre les « roses à cent feuilles », Rosa centifolia, dont une mutation au XVIIIe siècle donne les « rosiers mousseux » (Rosa moschata).

Dans l'Histoire générale des plantes de John Gerard, publiée en 1633, ne sont mentionnées que 18 sortes de roses, rouges, roses et blanches (Rosa ×alba) et jusqu'à la fin du XVIIIe siècle il n'existait en Europe et dans le pourtour méditerranéen qu'une trentaine d'espèces.

En 1781, arrive en Europe la Rosa chinensis ou ‘Old blush’, puis la forme rouge ‘Bengal rose’. Ce ne sont pas des espèces sauvages, mais des roses déjà cultivées dans les jardins de Chine, sélections de Rosa chinensis ou hybrides de Rosa chinensis x Rosa gigantea auxquelles va s'ajouter un Rosa chinensis jaune, ‘Park's Yellow Tea-scented China’ en 1824. Leur croisement avec les rosiers d'Europe va faire apparaitre des centaines de roses nouvelles.

C'est la duchesse de Portland qui obtient le premier croisement avec un rosier de Chine rouge : les « rosiers Portland » sont nés. Dans le même temps, en Louisiane, le croisement d'un rosier musqué et d'un rosier de Chine donné par Louis Claude Noisette est à l'origine des « rosiers Noisette » (‘Blush Noisette’, ‘Madame Alfred Carrière’). Et à la Réunion le croisement du Rosa chinensis ‘Old blush’ et d'une rose de Damas tardive ‘Quatre Saisons’ signe l'arrivée des « rosiers Bourbon » (‘Zéphirine Drouhin’, ‘Souvenir de la Malmaison’).

Entre 1803 et 1814, Joséphine de Beauharnais envoie des botanistes à travers le monde pour enrichir la collection de sa roseraie de la Malmaison qui rassemble plus de 242 variétés dont 167 roses galliques. Malgré le blocus, le pépiniériste John Kennedy traversait la Manche pour la fournir en roses. Sa roseraie comprenait des gallica, des moschata et des damascena, mais aussi des chinensis et de nouvelles espèces. Les collections de la Malmaison ont été un trésor pour les pépiniéristes français. Leur catalogue de 1791 comportait 25 espèces, celui de 1829 en comptait 2562 dont beaucoup sans grand intérêt ont rapidement disparu.

Rosiers modernes
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'Peace' ou ‘’'Madame Meilland' 
'Peace' ou ‘’'Madame Meilland'

Au XIXe siècle, le croisement des rosiers de Chine, de Bourbon, Portland et Noisette permet la création des rosiers « modernes ». En 1858, a lieu, grâce au pasteur Hole, un passionné des roses, la première exposition nationale des roses d'Angleterre. En 1867, Jean-Baptiste Guillot crée ‘La France’, le premier buisson à grandes fleurs ou « hybride de thé ».

Dans le même temps, de rosa multiflora, rosier liane rapporté du Japon au XVIIIe siècle, sont créés par hybridation les nombreux rosiers buissons à fleurs groupées, les « floribunda ».

La « Société française des roses » est fondée à Lyon en 1886. Elle édite encore sa revue, Les amis des roses.

Le XXe siècle voit la gloire des rosiers buissons à grandes fleurs avec les créations de Georges Delbard, de Meilland (‘Peace’ ou ‘Madame Meilland’), de Griffith Buck. Puis David Austin, en croisant les galliques et les Damas à des roses modernes crée les « roses anglaises » qui allient les caractères des roses anciennes à la « floribundité » des roses modernes.

Symbolique de la rose

La rose dans l'histoire

C'est surtout par sa valeur symbolique que la rose a laissé son parfum dans l'Histoire. Quelques exemples :

Chez les Grecs, la rose était la fleur d'Aphrodite, déesse de l'amour et d'Aurora, la déesse aux doigts de roses.

Les Romains rattachent la rose à Vénus. La rose aurait été blanche, mais rougie accidentellement quand Cupidon renversa son verre de vin sur elle.

Il paraît que la première nuit d'amour entre Cléopâtre et Marc Antoine se serait déroulée sur un lit de pétales de roses de quarante-cinq centimètres d'épaisseur.

Dans le Cantique des cantiques, la rose symbolise Israël et dans le livre des Parsis, le rose naît sans épines et n'en est armée qu'après l'apparition du génie du mal sur terre.

Vers l'an 400, Rosa ×alba devient l'emblème de la Vierge, ce qui est à l'origine de la dévotion catholique du Rosaire.

Rose 'Bimbo' 
Rose 'Bimbo'

Quand en 1187, Saladin reprend Jérusalem aux Croisés, il fait purifier la mosquée d'Omar par de l'eau de rose amenée par une caravane de 500 chameaux. Et en 1453 Mehmed II purifia aussi à l'eau de rose l'église byzantine de Constantinople avant de la convertir en mosquée.

La guerre des Deux-Roses de 1453 à 1485 : elle opposa Rosa ×alba, rose blanche de la maison d'York et rosa Gallica, rose rouge de la maison de Lancastre, d'où après le mariage d'Henri VII Tudor et Élisabeth d'York, l'emblème de la rose Tudor rouge à cœur blanc et plus tard la création du rosier ‘York et Lancaster’. La rose est aujourd'hui encore la fleur symbolique de l'Angleterre.

Les rosières, jeunes filles vertueuses et pures, étaient à l'origine couronnées de roses

Les Rose-Croix, société secrète mystique ayant pour emblème une rose rouge fixée au centre d'une croix.

La "Rose blanche de Finlande", ordre national finlandais créé en 1919 pour récompenser les services rendus au pays.

La Rose blanche, mouvement d'opposition à Hitler dont les fondateurs furent guillotinés en 1943.

La poing à la rose de l'Internationale socialiste
La poing à la rose de l'Internationale socialiste

Plus récemment, la rose rouge, associée par François Mitterrand au Parti socialiste français. Ce symbole a également été adopté par d'autres partis politiques européens comme le parti travailliste au Royaume-Uni et le PSOE en Espagne.

En novembre 2003, la rose est le symbole du mouvement non-violent de la « révolution des Roses » en Géorgie.

 

La rose en héraldique

Rose héraldique
Rose héraldique

La rose est l'un des « meubles » utilisés en héraldique et sans doute la fleur la plus représentée en ce domaine après la fleur de lys. Le dessin stylisé est inspiré de l'églantine à cinq pétales régulièrement étalés arrondis, entre lesquels apparaissent les pointes des sépales, avec au centre un bouton, souvent de couleur différente, la tige est absente. Dans certains cas on représente une rose tigée et feuillée, plus réaliste, elle est dite « au naturel ». La rose héraldique apparaît notamment sur le blason de nombreuses communes de France.

 

La rose dans le langage des fleurs

La rose rouge est également la fleur des amoureux, elle symbolise l'amour et les noces de rose symbolisent les 17 ans de mariage dans le folklore français.

En plus de sa couleur, la quantité exprime une symbolique. Pour un nombre de roses inférieure à 10, il est de coutume d’offrir des roses par nombre impair surtout à des fins esthétiques. Au delà et suivant le nombre, le bouquet de roses peut porter un message particulier :

  • 1 rose permet de dévoiler son amour en toute simplicité,
  • 12 roses permet de remercier sa bien aimée,
  • 24 roses pour être galant,
  • 36 roses pour déclarer son amour (bouquets de fiancailles),
  • 101 roses peuvent s'offrir pour exprimer la passion et l'amour sans retenue.


Pour un bouquet de fiancailles, il est d'usage et raffiné de sélectionner des roses ayant les têtes légèrement courbées.

La rose, emblème national

La rose est la fleur nationale de plusieurs pays : Angleterre (rose Tudor), Bulgarie, États-Unis, Finlande (rose blanche), Irak, Maldives, Roumanie.

La rose a aussi été choisie comme emblème officiel par plusieurs États des États-Unis : Géorgie (Rosa laevigata), Iowa (Rosa arkansana), New York, Dakota du Nord (Rosa blanda ou arkansana), Oklahoma.

La rose dans les expressions et locutions françaises

Et pour compléter, quelques expressions :

  • « Être frais comme une rose » : avoir un joli teint, l'air reposé
  • « Ne pas sentir la rose » : sentir mauvais
  • « Envoyer sur les roses » : éconduire
  • « Découvrir le pot aux roses » : découvrir la vérité
  • « Un histoire à l'eau de rose » : une histoire mièvre
  • « Il n'y a pas de rose sans épines » : tout plaisir comporte sa part de peine
  • « Jeter des roses » (à quelqu'un) : complimenter

La rose en littérature

Poésie persane

Saadi, le gulistan ou jardin de roses

Poète et soufi, il commence à rédiger le gulistan, joyau de la mystique soufi médiévale, somme philosophique écrite en vers et en prose poétique en 1278 (656 de l'hégire). Saadi fut révéré comme un prédicateur de l'ordre mystique de la rose. Parmi toutes les allégories de ce recueil, destinées à dévoiler la nature profonde des êtres et des choses, et ainsi amener à un éveil spirituel et percevoir la réalité de l'existence. Une excellente illustration des enseignements portés par les métaphores de jardins et de roses se trouve dans ce passage :

« Un Soufi était plongé dans une profonde méditation sur l'être divin ; au sortir de sa rêverie ses compagnons lui demandèrent quels dons miraculeux il avait rapportés du jardin de la contemplation où il s'était transporté : j'avais l'intention de cueillir pour vous des roses plein ma robe, mais quand je me suis trouvé devant le rosier, le parfum des fleurs m'a enivré à tel point que je n'ai pu faire un geste. »

Les quatrains d'Omar Khayyam sur le vin, l’amitié, son jardin et les roses

grimpant rouge 
grimpant rouge

Il était mathématicien (il a écrit entre autres le traité sur les difficultés des définitions d'Euclide), astronome (il fut l'un des huit astronomes qui travaillèrent à la réforme du calendrier musulman de 1074), et poète. Ses quatrains aux images souvent difficiles à décrypter mettent en jeu le vin, le jardin et les roses. Sa tombe à Nishapur est garnie de rosiers dont deux boutures ont été plantées sur la tombe du poète anglais Edward Fitzgerald qui l'a traduit, publié en 1859 et ainsi fait connaître en Europe.

« Je tombais de sommeil et la sagesse me dit:
jamais dans le sommeil la rose du bonheur n'a fleuri pour personne...
la saison des roses et du vin et des compagnons ivres !
soit heureux un instant, cet instant c'est ta vie
vois, la brise a déchiré la robe de la rose,
de la rose dont le rossignol était enamouré ;
faut-il pleurer sur elle, faut-il pleurer sur nous
la mort viendra nous effeuiller et d'autres roses refleuriront. »

Européenne

Le Roman de la Rose, une des œuvres les plus célèbres du Moyen Âge. Écrit par Guillaume de Lorris (vers 1236) puis par Jean de Meung (entre 1275 et 1280), ce long poème allégorique où la rose objet de la quête est le symbole de la perfection, décrit la tentative d'un amoureux (le poète) pour s'emparer de l'être aimé, représenté par une rose. Et à la même époque, Dante écrit La Divine Comédie qui se conclue par une vision de rose blanche mystique.

Au XVIe siècle, chez les poètes et spécialement chez Pierre de Ronsard, la poésie utilise la symbolique de la rose, pour évoquer la fragilité de la vie humaine :

'Madame Ernest Calvat' (Rose Bourbon) 
'Madame Ernest Calvat' (Rose Bourbon)
« Mignonne allons voir si la rose…»
et
« vivez si m'en croyez, n'attendez pas demain
cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie. »

« J'aime la bouche imitante la rose. »

< En ancien français, le participe présent s'accordait en genre comme en nombre. >

et chez Corneille, la rose montre le passage rapide du temps :

« Le temps aux plus belles choses
se plaît à faire un affront
il saura faner vos roses
comme il a ridé mon front »

Deux vers célèbres de François de Malherbe dans les stances, Consolation à Monsieur du Périer sur la mort de sa fille, associent la rose à la beauté éphémère :

« Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
l'espace d'un matin.

Dans la Belle au bois dormant, conte de Grimm, Églantine est protégée par un mur d'églantiers et dans The Parlement of Roses to Julia de Robert Herrick : « Réunis en parlement tous ces seigneurs proclamèrent la rose reine des fleurs ».

Le thème de la fragilité est repris par Victor Hugo dans La Rose de l'Infante : la petite infante, fille de Philippe II, voit les pétales de sa rose s'envoler sous l'action du vent ; au même moment l'Invincible Armada est détruite par une terrible tempête.

Au XVIIIe siècle, l'expression « cueillir la rose » avait un sens galant désignant la perte de virginité.

Plus récemment (1980), le roman d'Umberto Eco, le Nom de la rose (Il nome della rosa) , est une sorte d'enquête policière médiévale se déroulant en Italie, mais l'histoire ne révèle pourtant pas le choix de ce titre... Le roman a été adapté ensuite au cinéma (1986).

La rose dans les arts

Botticelli, la Naissance de Vénus
Bernardino Luini, La Madonna del roseto, pinacothèque de Brera, Milan
Botticelli, la
 
Bernardino Luini, La Madonna del roseto, pinacothèque de Brera, Milan
Naissa
 
Bernardino Luini, La Madonna del roseto, pinacothèque de Brera, Milan
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Bernardino Luini, La Madonna del roseto, pinacothèque de Brera, Milan
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Pierre-Auguste Renoir, Roses de Wargemont, 1882, collection privée
Pierre-Auguste Renoir, Roses de Wargemont, 1882, collection privée

La « fresque à l'oiseau bleu » découverte en 1900 dans les vestiges du palais de Cnossos en Crète, construit vers l'an 2000 avant Jésus-Christ, représente des rosiers fleuris. C'est la première représentation connue de roses peintes. On ne sait s'il s'agit de roses sauvages ou cultivées, ni à quelle espèce les attribuer, d'autant plus que la fresque a été restaurée et toutes les roses repeintes avec six pétales de couleur jaune. Une seule, à cinq pétales rose doré, au centre orange, semble être originale. Le botaniste C.C. Hurst l'avait identifiée à Rosa richardii, la rose sainte d'Abyssinie. Les pièces de monnaie portant une rose gravée les plus anciennes ont été trouvées à Rhodes et datent de 500 avant Jésus-christ environ. Le nom de cette île serait celui de la nymphe Rhodé, épouse d'Hélios, et dont le symbole était la rose.

Dans l'Iliade, écrit vers 1200 av. J.-C., Homère décrit le bouclier d'Achille décoré de roses.

Une broderie de roses ‘Persan Yellow’ du XVIIe siècle a été retrouvée à Ispahan. Et les roses n'ont jamais cessé d'être un motif décoratif des tapisseries, broderies et tissages au Moyen-Orient comme en Europe.

L'art du vitrail avec les rosaces, ouverture circulaire ornée de vitraux dans les églises, roses sublimées par la foi et l'habileté des maîtres verriers.

En peinture, la rose est présente dans de nombreux tableaux liés à la Vierge, mais aussi à l'amour. Ainsi la Naissance de Vénus, de Sandro Botticelli nous montre un ciel où roses et pétales flottent au vent. On retrouve la rose dans les natures mortes des peintres flamands et hollandais du XVIIe siècle, avec de somptueuses compositions florales, ainsi que chez les impressionnistes.

Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) compose de 1817 à 1824 son ouvrage en trois volumes Les roses, planches en eau-forte en pointillé coloriée dont le texte est rédigé par le rosiériste Claude-Antoine Thory. Ces aquarelles sont exécutées d'après la collection de la Malmaison de l'impératrice Joséphine et publiées entre 1817 et 1824.

C'est un motif décoratif constant des faïences qui présentent très fréquemment dès le XVIIe siècle en motif central des assiettes et des plats une rose ou un bouquet à la rose, monochrome ou polychrome. porcelaines.

On n'oubliera pas un art, la chanson, qui a valu à la rose pas mal de triomphes. Plusieurs générations de Français ont pleuré en écoutant Les Roses blanches, chanson de Pothier et Raiter, interprétée pour la première fois par Berthe Sylva en 1927. On pensera aussi, à des airs qui ont franchi les siècles sans perdre une ride, et spécialement À la claire fontaine et Vive la rose et le lilas . On peut citer également Roses de Picardie, composée en 1916 par Haydn Wood et interprétée notamment par Yves Montand et Rosa, chantée par Jacques Brel, dont une déclinaison latine, Rosa, rosa, rosam…, servait de refrain.

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