Maamir Makhlouf

 

Évocation. Il y a 2 ans, MAAMIR MAKHLOUF nous quittait
Comme une étoile filante
                                                                                                                                                                 
MAAMIR MAKHLOUF :  15 JUILLET 1960  -15 OCTOBRE 2006
                                            
Il avait une omniprésence une aura une faconde  et une façon de faire propre à lui, atypique surement, unique certainement. Il demeurera pour l’éternité  l’aède des humbles, des sans-grades et des sans-voix. Avec lui on est jamais très loin de l’idée que l’on peut se faire de l’ami casse cou, mais en version algérienne, mieux, en version laghouatie mais un laghouati humble, chaleureux simple et  contagieux.
  
MAAMIR MAKHLOUF avait incontestablement un style de vie particulier, une démarche artistique qui n’appartenait qu’à lui. Son doigté et son style d’écriture qui a vu enfin le jour lors de l’avènement et de la mise en route de son journal né quasiment mort par la faute de mécènes sans foi ni loi , particulièrement aux antipodes de l’approche sur la pointe des pieds qu’il cultivait par rapport à toute chose, son autre violon d’Ingres c’était la photo l’image comme écho au silence et le bruit pour conjurer l’absurdité de tout le reste tout pour lui était sujet à mémorisation la nature les êtres les objets dans la vie de chaque jour il était en quête de cet absolu évanescent  visuel ou pas, sa réplique à la médiocrité ambiante était le talent un talent toujours en mouvement jamais figé.
Devant les vicissitudes de la vie  Il opérait toujours en instantané et en continu. L’écoute des autres et la perception de l’infiniment infini était pour lui plus dans la lecture immédiate instantané du fait immortalisé que dans le questionnement de ce fait.
 Avec lui, on est tout le temps dans le corps à corps avec le vécu le quotidien  servi dans la seconde qui suit, pas dans le grandiloquent et le cérébral, ni dans la joute oratoire de l’esprit critique.
Un appareil photo à la main voire un caméscope et Il passe avec une authentique aisance du léger au poignant, sans forcer son talent, avec une habileté remarquable à faire mouvoir ces instants de vie  à partir de bouts d’éternité, de bouts de tout et forcement  de bouts de rien.
Il avait également le don de la communication spontanée, du calembour et de la réplique mais toujours renforcée par des expressions philosophiques prêtes toujours au partage.
Son atout maitre par ailleurs était de tout voir en couleur une couleur vivante diaphane pastel mais souvent ensoleillée  changeant comme un magicien le naturel en pathétique, véritable force de travail capable de faire adhérer à ses causes perdues les plus récalcitrants.
Le tout était porté par cette inusable mécanique usitée à souhait et qu’on appelle la dérision, mais une dérision locale, pleinement nourrie de l’atmosphère du terroir et pas forcement du lieu de naissance.
« C’est cette démarche de fieffé funambule entre deux fils qui constituait sa cuirasse contre la désespérance  la rancœur et la méchanceté des hommes »,
Homme très fin de culture de dialogue et de concertation bon musicien à ses moments perdus (batteur) informaticien hors pair ouvert sur l’universalité il a toujours privilégié la spontanéité  en phases ouvertes sur les préoccupations immédiates du moment, avec  une mémorisation  en pointillé qui laisse toujours une large part à l’apport de la nature et des choses même les plus inanimées par rapport aux individus et aux restes.
La vie de MAAMIR est une existence en trompe-l’œil, un pied de nez à l’orthodoxie ambiante. Derrière une certaine tendresse liée à la présence de sa muse de toujours Laghouat en filigrane, il est souvent question en aparté de la férocité d’un monde de brutes et de profiteurs.
Un récit d’une vie à rallonge qui renvoie, dans un flash-back qui mêle l’histoire à la fiction, dans un constant télescopage des époques, des personnages, des styles. Le chant profond qui se dégage des œuvres de MAAMIR est une déclaration d’amour à une ville fantasmée (LAGHOUAT) comme une incarnation mythique des lieux des parents des amis des monuments des rues des espaces, chose à laquelle sans doute les photos de MAKHLOUF œuvrent au jour d’aujourd’hui à détourer les contours les plus flous.  
Mais il n’était véritablement à l’aise que quand c’est la ville qu’il chérissait par-dessus tout  donnait le tempo, comme animatrice principale du fait immortalisé.
Son apport certain via la photo et l’image cinématographique était fortement révélateur de son génie précoce et de sa maestria multiple  puisque chaque fois il  débordait très souvent des cadres traditionnels qu’il s’était lui-même tracés, tout est ouvert en éventail dans l’émission de la photo immortalisée, dans la transmission de l’image couchée par écrit.
Il était l’un des rares à demeurer encore humble dans un monde ou l’apparat a envahit telle une mauvaise herbe tout l’espace  il était avant toute chose imprégné par les sensations de son propre quotidien, un quotidien qui lui parlait à l’oreille de ses doutes de ses révoltes, de ses rêves d’enfant et de ses aspirations multiples. Il avait de l’épaisseur, et il entretenait un rapport direct avec son ressenti, comme des rapports charnels, Il ne pouvait pas quitter son univers il restait quoi qu’il puisse advenir toujours dans la passerelle, jamais dans la coupure des amarres.
Chez lui, le dépassement en toute chose consistait à réitérer à chaque fois ses préférences ou, mieux encore, ses convictions quitte à ne pas plaire aux thuriféraires de tous bords. Il était constant en tout et ne cherchait nullement à brouiller aucune piste il proposait des images des instants de vie des photos  tirées d’une observation lucide et décalée du milieu où il évoluait. Un milieu où très souvent les rancœurs les jalousies  l’ironie et l’amertume se donnaient la main pour exprimer l’homme dans ses grandeurs et aussi dans ses petitesses, dans son intolérance et dans ses fanatismes grotesques.
Conséquent jusqu’à la déchirure dans ses choix éclectiques, il se refusait à toute espèce de mode, sachant que la mode est faite pour être dépassée. Son registre il le  puisait du vécu des gens qu’il fréquentait, des gens de sa condition ou des gens qu’il avait subis à tous les niveaux de la hiérarchie sociale. C’était son souci. Il ne s’est jamais renié dans ses options initiales, c’étaient ses points d’appui.
Sa spontanéité et sa bonté extrême constituaient son premier et irremplaçable carburant. Ses photos carte de visite s’il en est demeurent son seul pedigree ses angles controversés et ses prises de vues alambiquées sont pour les profanes que nous sommes l’ADN et les arts de l’identification en tous lieux et à tout moment et ne se définissaient préalablement dans aucune espèce d’œillères hypocrites ni formules agencées par les théoriciens de la raison esthétique qui croient avoir contre vents et marrées pignon sur rue.
Merci MAAMIR d’avoir existé et salut l’artiste………………………………Amine Lotfi
alors , ,amine lo ,yazid lachkhem et tous ceux qui se souviennent de maamir !
 
 
 
 
 
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