Pere Georges Bouquet:
Les enfants de Laghouat s'en souviendront toujours ...
DE: L'homme a l'eternel velo 
Enfant, je voyais arriver le Per Georges Bouquet sur son velo à la "Rahba" (grande place) ou se trouvait notre maison des "Ghouattines" (les tentes), mon quartier situé au pied du pont du M'Zi.
Il posait son velo contre notre mur, je courrais vers lui, il m'embrassait, me donnait la main, et on entrait. D'un geste presque machinal, il se saisissait d'un petit tabouret carré (toujours le meme, a tel point que c'etait devenu "le tabouret du pere Georges" et que personne n'osait s'en servir en son absence), s'installait pour bavarder avec les membres de ma famille tout en reajustant à intervalles reguliers ses petites lunettes a verres ronds, blancs sur son nez. Il degustait doucement son café et parlait d'une voix paisible, evoquant sa journée, le cfpa dont il etait directeur, ses eleves (ses enfants comme il les appellait), les examens qui approchent. Il etait une veritable bibliotheque vivante sur les origines des familles Laghouaties, parlait notre dialecte a la perfection. Notre jeu favori etait le suivant : je lui donnais un nom de famille et il me citait celui de leur "ar'ch" (tribu): Rahmani , Harzli, Naili, Makhloufi... On passait ainsi en revue toutes les tribus de Laghouat. Puis on parlait ecole, cinema, il m'appris un jour ou je lui ai dis:"ton nom c'est Bouquet, comme Michel Bouquet l'acteur". Il me regarda avec ce visage toujours souriant et dit:" oui, c'est mon frere, j'ai de ses nouvelles de temps en temps". Je fis:"quoi pere Georges!! Juste de temps en temps? moi mon frere, je voudrais toujours savoir ce qu'il devient, parce que je l'aime très fort et j'aurais besoin d'etre rassurée qu'il va bien " Très calme il dit:" chut!!!ma fillette mon frere est toujours dans mon coeur et il le sait. Ton frere a toi un jour, ne fera plus partie de ton quotidien, mais il sera dans ton coeur."
Ainsi, allait le pere Georges Bouquet dans les rues de la ville qu'il aimait dans ces familles chez qui il se sentait chez lui, chez ses enfants, heureux a Laghouat come un poisson dans l'eau.
Un jour je telephonais a un de mes proches a qui j'ai demandais:"et le pere Georges ?qu'est-ce qu'il devient? embrasse le pour moi !"
-" Le pauvre pere Georges ! me repondit-on , Allah Yarahmou,(paix a son ame) il n'est plus. Et l'on me raconta son deces: il rentrait au cfpa sur son fameux velo, une fausse manoeuvre! Il tomba et resta a terre, sans vie: sa tempe avait heurté un cailloux, un tout tout petit cailloux, un tout petit et stupide cailloux ! Un petit gravillon de rien du tout! me precisa t-on, pour bien souligner tout l'amour et toutes la peine des Laghouatis pour la perte de cet homme merveilleux .
" Hagda? ai-je dis, stupefaite, juste un stupide cailloux? "
"Oui, un simple et ridicule petit gravillon d'absolument rien du tout"
Je le revois toujours, sur son velo avec le visage heureux, le sentiment du devoir bien accompli.
Alors voila pere Georges Bouquet, la petite fille que vous(tu) fesiez rire, Laghouat et ses enfants, que vous aimiez tant et qui vous aimaient, ne vous on pas oublier et ne vous oublieront jamais!
Que Dieu vous benisse!! "Amine "
Allah Yarehmak wi wassae Alik.
Le Pere Denis Pillet


1 - HISTORIQUE DU CFPA AHMED LINANI Le Centre de Formation Professionnelle Ahmed Linani est issu de l’Association d’Action Sociale et Educative (AASE), qui était une œuvre charitable des pères blancs. Le siège de cette association était implanté à Laghouat. Cette association a contribué à la création de plusieurs CFPA, écoles primaires et Collèges d’Enseignement Général (CEG). Le Centre de Formation Professionnelle des Adultes de Laghouat : appellation qui lui était donnée à l’époque, a été créé en début de l’année 1954 avec le statut d’une école privée. Il développa d’abord la formation en maçonnerie générale, qui était très demandée en cette période de pleine construction. Comme le CFPA n’était pas lui même bâti, les premiers stagiaires exerçaient les cours de travaux pratiques dans des chantiers publics ou dans des constructions de bien faisances ou d’actions sociales. Finalement, le CFPA a vu se construire ses ateliers, ses salles de cours et ses locaux administratifs par ses propres stagiaires. Leur construction a duré jusqu’à la fin de l’année 1957. En 1958, une association étrangère belge a offert les frais de la construction de l’internat et de nouveaux locaux administratifs : bâtiment central actuel du CFPA. Renforcé de ces dernières constructions, le CFPA étend sa prestation pédagogique à trois nouvelles spécialités : opérateur dépanneur radio, topographe dessinateur et mécanique automobile. Ces trois dernières spécialités se faisaient en deux années de formation. En 1960 l’assiette du CFPA vient d’être agrandie d’un hectare par achat au franc symbolique, auprès des autorités militaires françaises à l’époque coloniale. La section de maçonnerie a été fermée en fin d’année avec l’achèvement des constructions des deux derniers logements d’accompagnement : villa 3 et villa 4. L’ouverture de l’internat a permis la formation d’un grand nombre de diplômés des villes de l’extrême sud du pays : telles que Tamanrasset, In Salah, Djanet, El-Oued, Adrar, Aoulef. … En plus de l’intégration sociale, ce brassage de stagiaires des différents coins du pays a permis à ces derniers, de tisser des liens de rapprochement et d’amitié encore maintenus de nos jours. En 1963, la spécialité « agent de bureau » est venue s’ajouter aux quatre spécialités déjà développées dans le CFPA. Compte tenu du niveau scolaire de certain des stagiaires au recrutement, on instaura les cours de rattrapage et de la préformation dès la fin de l’année 1964. La spécialité de frigoriste a été ouverte pour la première fois dans les établissements de formation du sud, au CFPA de Laghouat en 1970. Cette section a eu beaucoup de mal à se maintenir ouverte, par manque d’un formateur persévérant. Pour de mauvais résultats aux examens de fin de stage, la section de topographe dessinateur a été transférée au CFPA de Djelfa, qui, lui aussi, était sous l’égide des pères blancs. Considéré comme école semi privée, le CFPA continua à développer ces six (06) spécialités jusqu’en 1976, où il connaîtra son intégration parmi les institutions étatiques à caractère publique. Depuis son intégration, le CFPA a été entièrement budgétisé par l’état, car auparavant, il percevait une subvention du trésor publique sous forme d’aide et le complément était assuré par l’AASE des pères blancs. Au lendemain de l’intégration, le CFPA enrichissait sa carte pédagogique de deux nouvelles spécialités : la dactylographie et la couture flou. Ces deux spécialités étaient exclusivement réservées aux filles et le CFPA venait de prendre contact avec ses premières stagiaires filles en 1976. Il faut signaler qu’avec le statut d’école privée, le CFPA assurait uniquement la formation des stagiaires garçons. En 1977 la demande de stagiaire était si forte, qu’on ouvre une deuxième section de couture flou. Ces nouvelles sections ouvertes exigeaient plus de locaux pédagogiques. Pour pallier à cette insuffisance, on rouvre la section de maçonnerie dès 1978. Cette section contribua de nouveau aux transformations dans le CFPA, qui permirent d’augmenter le nombre de section et l’effectif des stagiaires en formation. Au cours de l’année 1979, le CFPA connaîtra l’ouverture de la section d’électricité bâtiment, une deuxième section de mécanique automobile et une deuxième section de montage dépannage radio. Le CFPA abrite désormais onze sections à savoir : - la section de montage dépannage radio A - la section de montage dépannage radio B - la section de maçonnerie - la couture floue A - la couture floue B - la section de mécanique réparation automobile A - la section de mécanique réparation automobile B - la section de l’électricité bâtiment - la section de frigoriste - la section de dactylographie - la section des aides comptables Comme l’assiette du CFPA ne permettait plus l’accueillir de nouvelles sections, on ouvre une douzième section de dessin Bâtiment dans les locaux de l’artisanat traditionnelle, nouvellement construite et située à proximité du CFPA. Avec la promulgation de la loi sur l’apprentissage en 1982, l’effectif des formés était devenu très important. Le quota des apprentis du CFPA était de 400 postes de formation. Ce chiffre était bien en dessous de la demande de formation exprimée dans le chef lieu de wilaya Laghouat. Le soulagement a été vite apporté par l’achèvement de la construction d’un deuxième CFPA pour la ville de Laghouat. L’ancien CFPA était désigné par le CFPA I et le nouveau, par CFPA II. Pour lancer ce nouvel établissement de formation, on lui transfère quatre sections du CFPA I. Le nombre de section en fonctionnement au CFPA I était alors retombé à huit. Dès 1983, le CFPA Ahmed Linani s’attela à former ses services techniques. On instaura un service technique de la formation résidentielle, s’occupant de la gestion des stagiaires et un service technique de la formation par apprentissage, s’occupant de la gestion des apprentis. Il faut signaler qu’auparavant, l’établissement n’avait pas d’Adjoint Technique et Pédagogique ATP : l’équivalent d’un directeur des études ou des stages. En 1984, le recrutement des formateurs contractuels a permis au CFPA Ahmed Linani de développer ses effectifs en stagiaires et en apprentis. En formation résidentielle, le nombre de section a été ramené à la fin de l’année 1989 à 22 sections. Cette augmentation a été acquise par l’annexion du centre artisanal de Laghouat et par l’ouverture de sections détachées dans les localités retirées de la daïra de Laghouat. Le mode formation par apprentissage a connu le même développement et le nombre d’apprentis en postes a dépassé le quota officiel fixé. Plus de 500 apprentis étaient en poste à cette époque. A la même période, les stagiaires internes vivant dans le CFPA dépassaient les 80 pensionnaires. Ce train de vie pédagogique anima l’établissement jusqu’en 1993. L’instauration du mode de formation par cours du soir ramenait la carte pédagogique de l’établissement à 25 sections, englobant un effectif avoisinant les 650 stagiaires. En 1994, le CFPA a été baptisé « CFPA Ahmed Linani », à la mémoire du martyr du même nom et prénom, tombé au champ d’honneur au cours de la guerre de libération nationale. Le chahid Ahmed Linani est un fils de la ville de Laghouat, qui habitait le Schettet-El-Gharbi : quartier résidentiel de cette même ville. A l’ouverture du CFPA féminin de Laghouat en septembre 1995, le CFPA Ahmed Linani céda trois (03) de ses sections féminines à ce dernier, pour l’aider à démarrer. Le CFPA Ahmed Linani développe quatre modes de formation. Les effectifs de la formation résidentielle, des cours du soir et de la préformation totalisent à eux seuls plus de 600 stagiaires, intégrés dans une vingtaine de sections. Le mode de formation par apprentissage gère plus de 700 apprentis en poste, répartis dans les circonscriptions de plusieurs APC. Il faut signaler également que l’établissement est CFPA de rattachement de deux annexes : Ksar-El-Hirane et Aïn-Madhi. Actuellement, le CFPA Ahmed Linani connaît de grandes transformations en matière de construction en sa façade. Ces transformations permettront l’acquisition de plusieurs nouveaux locaux pédagogiques et un BAIO aux normes officiels. A ces constructions, l’aspect esthétique y est mis. A la réception définitive, ces nouveaux locaux permettront l’implantation de nouvelles spécialités au profit des demandeurs de formation. Documents offerts gracieusement par le CFPA des pères blancs de laghouat a :Hadj Tahar Lamri qui participe a l'élaboration de ce sujet.
Temoignage posthume recu du Pere Denis Pillet de Ouargla, par Hadj Aissa pour ce site " Laghouat-Le-Phenix";Merci a tous les deux!
Bouquet
1920-2000
Georges est né le 17 juin 1920 à Paris .Il était l'aîné d'une famille de quatre garçons .Il fait ses études au petit séminaire de Paris à Complans .En septembre 1938, il entre au séminaire de philosophie des pères blancs à Kerlois Ensuite, il se rend au noviciat de Maison carrée. Il poursuit sa formation pour la prêtrise au scolasticat de Thibar .Mobilisé pendant la guerre, il se retrouve au Sahara, au Fezzan, en Libye, dans une compagnie méhariste. Ce qui l'amène aux cotés du père Lanfry , en décembre 1944 , pour l'édification du monument commémorant la mort des pères Richard, Morat et Pouplard à Tin Kouffar , le 23 décembre 1881.Après son serment , le 29 juin 1948 et son ordination , le 1er février 1949 , il est nommé au Sahara
:
Il rejoint le poste de Touggourt pour y apprendre l'arabe dialectal, l'année suivante, il est nommé à Djelfa .Nous lui laissons la parole pour la description de son apostolat
"En arrivant le 1er octobre1950, je trouvai un groupe Scouts de France – branche musulmane, une meute de Louveteaux, une troupe musulmane et un embryon de Route. La meute avait ses chefs et son père conseiller. J'héritai des deux autres. La troupe avait un jeune chef dynamique .C'est avec lui et quelques assistants qu'ensemble nous avons remonté la troupe, que nous l'avons ouverte aux chrétiens puis aux israélites .De 1955 à 1960, les garçons de chaque religion vivaient dans des patrouilles séparées mais bien unis à l'échelon de la troupe grâce à une bonne haute patrouille et surtout une bonne maîtrise de troupe qui était formée du chef de troupe musulman , le conseiller et un assistant chrétien , un autre musulman et un assistant israélite.
Nous nous entendions comme les cinq doigts d'une main.
En 1960 , les scouts de France nous laissèrent devenir autonomes avec l'ensemble des scouts du Sahara dont nous faisions partie sous le nom d'Eclaireurs Sahariens( Georges fut alors nommé aumônier général auprès du commissaire Claude Rochard) .L'indépendance de l'Algérie survint le 5 juillet 1962.Le commissaire fut remercié du bon travail qu'il avait accompli dans le sud par les deux fondations des Scouts Musulmans Algériens(S.M.A) mais il lui fut également dit que c'est vers leur mouvement que devaient venir les musulmans.
Personnellement, j'ai eu l'honneur d'être conseiller de ce groupe pendant douze ans .Je puis dire que les garçons m'ont beaucoup enrichi ainsi que leurs chefs. Leur ai-je autant donné que j'ai reçu...?"
Très marqué par cette formation des jeunes, Georges ne va pas tarder à trouver une activité non moins utile dans la formation professionnelle. Lancée dans le diocèse depuis onze ans , elle connaît après l'indépendance un accroissement accéléré : cours de préparation , préformation , formation .De 1962 à 1968 à Djelfa , puis à Laghouat de 1969 à 1976 ( année de la nationalisation) , il va jouer à fond son rôle de directeur et d'éducateur .Il gardera toujours avec soin le contact avec les jeunes et leurs familles , tant à Djelfa qu'à Laghouat.
Entre temps, ont eu lieu son premier congé en France (1959) et la grande retraite à Mours. Conseiller du régional supérieur de Laghouat(1973), il doit en 1975 soigner un décollement de la rétine .Malgré une longue et pénible immobilisation , un œil sera perdu et l'autre demandera des soins et des contrôles réguliers.
Avec la nationalisation de l'enseignement diocésain, Georges perd à nouveau son activité de base mais non ses relations .Il va désormais s'investir dans des cous particuliers donnés dans les familles elles-mêmes Il le fait avec cette ponctualité et cette rigueur inflexibles mais bienveillantes qui sont ses qualités éducatives bien connues de tous. Jusqu'à sa mort, il tiendra avec ténacité et courage à ce type de service. En 1985, il prend part à la session retraite de Jérusalem.
Laghouat, où la communauté père blanc cohabite avec le personnel de l'évêché, lui fournit l'occasion de multiples autres services : chancelier, force de frappe dactylographique, archiviste, permanence
Durant les absences de l'équipe diocésaine
Mais avec la fin des années 90, le diocèse et les Pères Blancs doivent regrouper leurs forces et, à l'horizon 2000, transférer l'évêché à Ghardaïa. Son compagnon de nombreuses années, le père Jean Collignon est le premier à devoir quitter pour des raisons de santé.Georges se retrouve isolé, déclinant mais toujours attaché à sa présence en Algérie et à ses activités. Il ne conçoit guère de quitter autrement que par sa mort. Il le dit lui-même à un ami algérien peu de temps avant son décès qui survient sous forme d'une rupture d'anévrisme (semble-t-il) qui provoque sa chute de bicyclette, le 15juillet 2000, le plongeant dans uncoma qui se termine par sa mort, le 19 a Ghardaia. C'est là qu'il est enterré le 21, entouré d'une douzaine de confreres et de nombreux amis algeriens qui, aussi bien à Laghouat qu'a Ghardaia, ont tout fait pour lui avec beaucoup de soin et d'attention
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5. lo Le 19/06/2008 à 22:35
4. hadj aissa Le 19/06/2008 à 19:45
3. lo Le 14/06/2008 à 23:33
2. SABINE BACHELET Femdusoleil Le 13/06/2008 à 17:00
1. amine lotfi Le 08/06/2008 à 14:50
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